9.1  (L'histoire) posté le samedi 22 septembre 2007 23:11

 
 
 

    Cela fait maintenant plusieurs jours que Eleanor et Everett distribue des tracts dans le centre-ville. Ils changent à chaque fois d'endroit, mais les gens qui, maintenant, savent ce qu'ils font, savent aussi où les trouver. Le premier jour ne fût pas très concluant, mais comme prévu, les révélations de Eleanor avaient fait des émules et la rumeur enflait dans la ville au fur et à mesure que les jours passaient. Les deux jeunes gens s'en félicitent sans pour autant retomber sur leurs lauriers. Ils leur restent beaucoup de travail à faire.

  Ce matin-là, ils se trouvent devant le centre commercial de la ville. Alors que les adolescents et les personnes d'une vingtaine d'années portent une attention toute particulière à ce qu'ils ont à dire, les plus de trente ans quant à eux restent sceptiques, mais cela ne dérange pas nos deux comparses outre mesure. Tout à coup, trois hommes en noir s'approchent d'eux, l'air menaçant.

« - Madame Bucam ? Monsieur Finley ?
- On peut faire quelque chose pour vous ? demande Eleanor, sur la défensive.
- Oui, Madame Bucam, vous pouvez nous suivre, vous et Monsieur Finley, sans opposer de résistance afin que nous puissions parler calmement de ça. » Répond-il en désignant l'un des tracts.

    La jeune femme se tourne alors vers Everett l'interrogeant du regard. Ce dernier hausse les épaules, mais l'inquiétude se lit tout de même dans ses yeux. Ont-ils vraiment le choix de toute façon ? S'ils tentent de s'enfuir, ils sont pratiquement sûrs qu'il leur arrivera quelque chose. Résignés, ils décident donc d'obtempérer à la requête du trio.
 
« - Vous avez fait le bon choix, leur assure l'un des hommes.
- Ca j'en suis pas sûre, marmonne Eleanor.
- Qu'avez-vous dit ?
- Je disais que les oranges que j'avais mangées ce matin au petit-déjeuner étaient sures. J'ai des remontées d'acide et ce n'est pas très agréable. » Ment la jeune femme.

    Bien qu'il ne soit pas entièrement convaincu, l'homme se satisfait de la réponse de Eleanor.
 
« - Après tout, si elle n'ose pas me redire sa pensée c'est qu'elle doit avoir trop peur. » Pense-t-il.


    Encerclés par les trois hommes tels des stars entourées de leurs gardes du corps, Eleanor et Everett sont conduits jusqu'à un quatre-quatre aux vitres fumées.

« - Ca pète la classe cette affaire, s'exclame ironiquement Eleanor.
- Si vous n'êtes pas contente c'est exactement la même chose.
- Mais au contraire mon cher, je me demande juste où vous avez pu acheter une telle merveille... »

    Excédé par le manque de respect de la jeune femme, l'un des hommes en noir la frappe.

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9.2  (L'histoire) posté le samedi 22 septembre 2007 23:13

 
 
 
 
 
     Surprise par le coup qu'elle vient de recevoir, Eleanor regarde celui qui vient de la frapper avec de grands yeux ronds.

« - Comment osez-vous frapper une femme ? L'interroge-t-elle.
- Comme je viens de le faire...
- Vous n'êtes qu'une pourriture, lui crache-t-elle au visage.
- Méfiez-vous ma jolie, quand on m'insulte ça m'excite. »

    Alors qu'elle s'apprête à répondre, Everett lui donne un léger coup dans les côtes pour lui signifier de se taire. En effet, s'ils veulent arriver en un seul morceau là où les conduisent ces personnes, il vaut mieux que Eleanor n'en rajoute pas une couche. D'ailleurs, il s'en voudrait énormément s'il arrivait quelque chose à son amie sans qu'il n'ait bougé le petit doigt tout en sachant le danger qui les menace.
  Il sait où ils vont, il ne veut pas ou plutôt ne peut pas lui dire puisqu'ils sont surveillés, mais il espère au fond de lui qu'elle aussi a compris où on les emmenait. Après tout, il n'y a rien d'autres, à part ça, qui justifierait ce « presque » enlèvement. Comme il ne peut rien faire d'autre, il pose sa main sur celle de Eleanor et n'attend plus que la confirmation de son soupçon.

« - On est presque arrivé, dit le plus âgé du trio.
- J'espère que la surprise sera de taille. » Ricane un autre.

    Lorsqu'ils arrivent devant leur destination, ni Everett, ni Eleanor ne semblent surpris.

« - Vous croyiez franchement qu'on était assez bête pour ne pas comprendre qu'on avait un petit rendez-vous à l'Omicorp ? demande Eleanor qui semble avoir repris son aplomb.
- Oh ce n'est pas ça la plus grande surprise de la soirée... Mais, je ne dis rien, vous verrez par vous-mêmes. »

    Les deux jeunes gens furent sortis de force de la voiture puis emmenés à l'intérieur du bâtiment. Toujours encadrés par les gorilles, ils prirent l'ascenseur jusqu'au deuxième étage où ils furent conduits jusque dans un bureau. Dans ce bureau se trouve un homme d'une trentaine d'années.

« - Bonjour Madame Bucam, Monsieur Finley. Je ne dirais pas que c'est un plaisir de vous revoir, car si mon cher frère n'avait pas été aussi faible, vous ne seriez pas là et je n'aurais pas autant de soucis, mais bon, ce n'est pas non plus un déplaisir, surtout lorsque l'on vous regarde... Eleanor. »

    C'est dans un regard de dégoût que la jeune femme reconnaît le frère de Ray. Le « fils diabolique » comme elle l'appelait du temps où Ray et elle se connaissait et mettait au point leur plan pour dénoncer cette société.

« - Bonjour... Richard*. » Dit-elle simplement pour lui signifier qu'elle connait son identité.

 
 
*Je ne sais plus si je lui ai déjà donné un nom, si tel est le cas, veuillez ne plus tenir compte du précédent xD 
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9.3  (L'histoire) posté le samedi 22 septembre 2007 23:18

 
 

 
 
    Ce dernier lui lance un sourire digne d'une pub pour un dentifrice qui permet de retrouver l'éclat de ses dents d'enfant.

« - Je vois que Ray vous a parlé de moi.
- Je ne vois pas pourquoi il ne l'aurait pas fait, répond-elle tout simplement.
- Il est exact que mon frère est un peu bavard, mais je ne pensais qu'il pouvait parler de moi à une femme aussi charmante que vous, je pensais qu'il l'aurait fait fuir à tous les coups.
- Ce n'est pas le cas.
- Et j'en suis ravi, continue-t-il sur un ton tout aussi charmeur.
- Que fait-on ici ? demande Everett qui commence à sentir la jalousie monter en lui.
- Vous ne vous en doutez pas Monsieur Finley ?
- Disons que j'ai bien une vague idée qui ne demande qu'à être confirmé. »

    Richard sourit à nouveau.

« - Monsieur Zeïder n'est pas très satisfait de voir que vous voulez nuir à sa réputation...
- Quel dommage, ironise Eleanor, le pauvre petit doit en être tout bouleversé.
- Vous n'êtes pas très loin de la vérité... Mais je pense que vous ne seriez pas aussi sûre de vous s'il était dans ce bureau.
- Je ne suis pas du même avis, même s'il était le pape, je ne saurais pas plus impressionnée que ça. »

    Le frère de Ray se frotte alors les mains, mais cette fois-ci ce n'est plus un sourire charmeur qu'il arbore sur le visage, non, c'est un sourire carnassier.

« - Et bien, c'est ce que nous allons voir, dit-il calmement.
- Vous voulez dire que...
- Oui Eleanor, vous allez avoir le privilège, vous et Monsieur Finley, de rencontrer notre cher directeur.
- Mais... Mais... Ce n'est pas possible, balbutie la jeune femme.
- Tout est possible Eleanor, maintenant il ne vous suffit plus que de me suivre jusqu'aux appartements de Monsieur Zeïder... Ah oui, reprend-il, avais-je oublié de préciser que Monsieur Zeïder vivait dans cet immeuble ? »

    Sans avoir eu le temps de répondre, Eleanor et Everett sont debout en direction encore une fois de l'ascenseur, mais qui doit cette fois les mener jusqu'au dernier étage, l'étage où vit Stephen Zeïder. A mi-chemin entre l'impatience et l'inquiétude, les deux amis regardent le nombre des étages défiler sur la paroi de l'appareil. Un son de clochette les informe qu'ils sont arrivés à destination. Après une dernière porte franchie, ils se retrouvent face à face avec l'homme le plus mystérieux de la ville et un mot commun sort de leur bouche.

« - Vous ! »
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9.4  (L'histoire) posté le dimanche 23 septembre 2007 15:38

 
 
 
 
 
    Jamais il n'aurait pu imaginer que cet homme, ce Stephen Zeïder n'était pas autant un inconnu que ça. Derrière eux, l'un des sbires se met à rire.

« - Et ben la v'la la surprise dont j'vous parlais. »

    Et en effet, celle-là... Elle est de taille. Adossée à Everett, Eleanor sent ses jambes fléchir. Elle n'aimait déjà pas cet individu, c'est indéniable, mais le voir devant elle, le sourire aux lèvres, elle ne peut que le haïr. Son compagnon d'infortune quant à lui commence à comprendre, finalement cette ultime révélation ne lui fait plus ni chaud, ni froid, il aurait pu s'en douter bien avant, mais il ne le voulait pas, non, il voulait continuer à croire en cette personne même si la confiance qu'elle lui inspirait était limitée.

« - Est-ce qu'elles sont au courant ? finit-il par demander.
- Non, bien sûr que non, tu t'imagines bien que si elles l'étaient, elles se seraient déjà enfuies à toutes jambes... D'ailleurs, elles ne seront jamais au courant de quoi que ce soit...
- Ca, ça m'étonnerait, dit Eleanor, un jour elles le sauront et ce jour-là elles vous haïront comme elles n'ont jamais haï personne... Vous jouez avec le feu Monsieur Zeïder ou Monsieur Baker*... Je ne sais pas comment je dois vous appeler même si ma préférence va pour vieux schnock.
- Vieux schnock ? Voilà donc le petit nom d'amour que vous me donnez Eleanor ? Comme c'est mignon, je ne vous savais pas aussi sentimentale.
- Roh la ferme, commence-t-elle à s'énerver.
- Même dans des situations difficiles elle mord toujours... Qu'est-ce que ça doit être quand c'est facile... Mon pauvre Everett, je te plains, avec une petite amie comme celle-là, tu as dû t'amuser comme un petit fou.
- Ce n'est pas ma petite amie, murmure l'interessé entre ses dents.
- C'aurait pu le devenir, n'est-ce pas Eleanor ? »

    La jeune femme vira alors au cramoisie. En son fort intérieur elle sait que oui, elle aurait pu le devenir, mais ce soir étant peut-être le dernier soir de sa vie, elle ne peut trahir son mari. Elle n'est plus amoureuse de Jake et alors ? Leur petite fille, elle, a besoin de les  avoir ensemble et si jamais ils arrivent à s'en sortir ce soir, elle ne doit pas écouter son coeur, mais écouter sa raison, c'est pourquoi elle ne peut rien lui dire, elle ne veut pas lui donner de faux espoir, car elle sait, elle sait que ses sentiments sont partagés, elle crève d'envie de lui dire qu'elle l'aime, qu'elle voudrait vivre le restant de sa vie avec lui, mais elle se contient, comme elle l'a toujours fait et comme elle le fera toujours.
  Sera-t-elle la seule mère sur cette terre à penser à un autre homme que son mari ? Probablement pas. Et puis, après tout, peut-être qu'un jour elle oubliera les sentiments qu'elle aura pu ressentir pour Everett, qu'elle se dira en rigolant que ce n'était qu'une passade et qu'elle aimera à nouveau l'homme à qui elle a juré fidélité. Elle ne sait plus vraiment où elle en est, mais elle sait ce qu'elle doit dire... Même si ça lui arrache le coeur, elle doit mentir. En se protégeant elle, il est possible aussi qu'elle protège Everett. Elle ne connait pas les desseins de Zeïder/Baker et ne veut pas si elle dit oui et ne veut pas tenter de les connaître.
 
 
(Je voulais faire aussi une petite précision par rapport à l'article précédent. Si Everett lui aussi dit « Vous » c'est parce qu'il est sous le choc de la découverte et que ce mot est en même temps entraîné par Eleanor, enfin je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, mais ce n'est pas un hasard ^^). 
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9.5  (L'histoire) posté le dimanche 23 septembre 2007 15:51

 
 
 
 
 
« - Non, vous vous trompez, souffle péniblement Eleanor, j'ai un mari que j'aime et je lui suis fidèle.
- Et bien, et bien mon cher Everett, sur ce coup-là je me suis légèrement trompé... Avec ce que Lilas m'avait dit, j'étais pourtant persuadé qu'elle t'aimait, mais bon, soit, j'admets mon erreur, j'espère simplement que ça ne te blesse pas.
- Je sais très bien qu'elle ne m'aime pas, répondit durement Everett.
- Oh ? Mais tu es déçu quand même, ça se lit sur ton visage,  puis se tournant vers Richard et ses acolytes, Messieurs vous voulez bien nous laisser seuls maintenant ?
- Mais Monsieur ! s'exclama l'employé.
- Ne vous en faites pas, je saurais gérer la situation et au moindre problème je vous appellerais. »

    Bien qu'il ne soit pas du même avis que son patron, Richard d'un signe de la main signifia à ses hommes de le suivre et sorti de la pièce pour rejoindre l'ascenseur. Il ne saurait pas ce qu'il allait se passer et sa curiosité en était plus que piquée.

« - Nous voilà enfin seuls, soupire Theodore.
- Qu'est-ce que vous nous voulez ?
- En d'autres circonstances, j'aurais simplement envoyé mes hommes exiger de vous que vous arrêtiez votre campagne d'information... Je ne peux dire qu'il s'agit de diffamation puisque tout ce que vous dites est vrai, mais ça... Ca reste entre nous bien sûr. Enfin bref, aujourd'hui je me suis trop impliqué pour pouvoir vous laisser en vie...
- Vous allez donc...
- Vous tuer. Oui ma chère Eleanor et ce n'est pas de gaité de coeur que je vais faire ça, mais ai-je vraiment le choix ? Je ne peux vous faire promettre de ne rien dire, vous ne savez pas tenir votre langue et dans quel état serait ma Lilas si elle apprenait que son « Ted chéri » était un monstre ?
- Vous n'êtes qu'un...
- Monstre, la coupe-t-il encore une fois, oui, c'est ce que je viens de dire. »

    Sur ces derniers mots, le vieil homme sort une arme qui était cachée dans l'un des tiroirs de son bureau.

« - Voyez-vous, poursuit-il, je vous aimais bien tous les deux, mais en vous voyant Eleanor j'ai compris que je n'aurais aucun répit, que vous alliez me mener la vie dure... Et je ne me suis pas vraiment trompé.
- Et comme vous êtes un lâche incapable d'assumer ses faits et gestes vous choisissez la solution de faciliter, c'est-à-dire nous butter.
- Exactement Princesse, dit-il en pointant son arme sur elle, et d'ailleurs je meurs d'envie de commencer par vous. Histoire de faire une pierre deux coups : ne plus entendre votre voix qui m'est si détestable et en même temps voir souffrir Everett qui me demandera d'abréger cette torture en le tuant... C'est si agréable de voir quelqu'un vous demander de lui tirer une balle dans le coeur.
- Alors qu'est-ce que vous attendez pour le faire ? Tuez-moi... »
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