9.6  (L'histoire) posté le dimanche 23 septembre 2007 19:46

 
 

 
 
    Horrifié par ce que vient de dire son amie, Everett ne peut s'empêcher de dire :

« - Non, ne fait pas ça, ton mari ? Ta fille ? Tu penses à eux... Et moi ? Tu penses à moi ? »

    La jeune femme sent son coeur battre si vite qu'elle a peur qu'il s'arrête d'un seul coup pour avoir épuisé son stock de battements. Elle se sent égoïste, elle n'a pensé qu'à provoquer Theodore, mais elle n'a pas pensé aux conséquences de cet acte. Non elle ne veut pas mourir, cependant si elle doit être tuée ce jour, elle préfère ne pas montrer qu'elle a peur, elle ne veut pas donner ce plaisir à l'homme qui la tient en joug.

« - Désolée, murmure-t-elle.
- Que c'est charmant, ironise Ted tout en continuant de brandir le revolver, des adieux déchirants, mais c'est pas le tout, je n'ai pas que ça à faire.
- Thedore... S'il te plaît, laisse-nous encore quelques minutes.
- Cinq minutes, pas une de plus, accepte-t-il en regardant sa montre. Ils vont mourir, se dit-il, à quelques minutes près, ça ne va rien changer. »

    Everett s'approche alors d'Eleanor et la sert dans ses bras.

« - Tu ne vas pas mourir Elé, du moins, pas aujourd'hui, chuchote-t-il à son oreille.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- J'ai un pressentiment, ce n'est pas encore ton heure.
- Everett, dit-elle, lasse de se battre.
- Fait moi confiance s'il te plaît Elé. »

    Une fois les cinq minutes passées, leur tortionnaire les fait se séparer.

« - Il est temps. Une dernière parole ? Eleanor, je sais que vous mourez d'envie de me dire mes quatre vérités... Enfin vous mourrez de toute façon.
- Vous êtes perspicaces, j'ai une dernière parole pour vous. Si vous espérez que Lilas ne saura rien, vous risquez d'être déçu. Un jour, elle apprendra et ce jour-là elle vous quittera et la douleur de la balle que vous voulez me tirer dans le coeur sera une infinie de fois plus faible que celle que vous ressentirez quand ce qui vous sert d'organe vital se brisera en mille morceaux. Vous pouvez sourire, mais au fond de vous... Vous savez que j'ai raison et vous craignez ce jour encore plus que celui de votre mort.
- C'est tout ? demanda-t-il plus qu'énervé.
- C'est tout. » Répondit-elle en écartant les bras de tel façon que son buste soit à découvert.

    On dit que toute notre vie défile devant nos yeux lorsque l'on est sur le point de mourir, mais je ne vois absolument rien, ni les joies, ni les malheurs. Est-ce ça la mort ? L'indifférence de ce que l'on a vécu ? Est-ce que le paradis existe ? Vais-je continuer à vivre à travers mon âme si je ne puis vivre à travers mon corps ? Et pourquoi je me pose toutes ces questions ? Pourquoi alors que j'ai entendu la détonation je ne ressens aucune douleur ? Pourquoi ? Je ne comprends plus rien, je ne sais plus rien.

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9.7  (L'histoire) posté le dimanche 23 septembre 2007 20:43

 
 
 
 
 
    Pendant que Eleanor pensait qu'elle était déjà morte, Everett s'était précipité devant elle et prit la balle à sa place. Au même moment, des hommes armés entrèrent dans la salle et tirèrent sur Theodore Baker alias Stephen Zeïder. Quelques minutes plus tard, la jeune femme est en bas de l'immeuble, emmitouflée dans une couverture pendant qu'un ambulancier vérifie ses fonctions vitales. Elle n'a pas compris tout ce que lui a dit l'agent de police qui l'a conduite jusqu'à l'ambulance, mais dans à tout de même entendu les mots : « Surveillance, mouchards, menaces, assaut ».
  Elle n'a pas de nouvelle de Everett et se sent coupable. Il a pris la balle qui lui était destinée, il a fait ce geste alors qu'elle venait de le débouter encore une fois. L'amour peut parfois faire faire des choses stupides et malgré le fait qu'il lui est sauvé la vie, Eleanor trouve l'acte de Everett non pas héroïques, mais totalement débile. Elle ne veut pas qu'il meurt, elle veut qu'il soit toujours là pour elle, elle a besoin de lui comme ami, confident... Non, il n'a pas le droit de mourir.
  Un policier vient vers elle et lui pose quelques questions sur ce qu'il s'est passé à l'intérieur. Comme son innocence n'est pas à prouver, il lui signifie juste qu'elle devra venir au commissariat dans les prochains jours pour faire une déposition un peu plus officielle. Alors que l'ambulancier s'approche à nouveau d'elle, elle ne peut s'empêcher de poser la question qui lui brûle les lèvres depuis qu'elle est assise à l'arrière du véhicule.

« - Excusez-moi, savez-vous comment va l'homme qui s'est fait tirer dessus ?
- Je suis désolée Mademoiselle... Il est mort. »

    Tu n'avais pas le droit Everett, tu n'avais pas le droit de me laisser seule à traverser cette épreuve. Tu sais, j'étais amoureuse de toi même si je ne te l'ai jamais avoué. J'aurais dû, on aurait pu profiter pleinement de nous ces derniers jours et je n'aurais pas tous ses regrets envers toi. Peut-être est-ce mal de ne penser qu'à moi, mais j'aurais préféré te dire la vérité, je ne sais pas si je pourrai vivre avec tout ça sur la conscience, amoureuse d'un mort, c'est encore plus dur qu'amoureuse d'un être vivant... Si tu étais toujours en vie, j'aurais pu changer d'avis, j'aurais pu quitter Jake, des milliers d'enfants sont heureux même si leurs parents ne sont plus ensemble.
 
 
 
    Quelques semaines plus tard, Eleanor est rentrée chez elle. Elle a pu enfin dire au monde entier ce qu'y est arrivé à tous ces journalistes. Elle a retrouvé sa famille, ses amis, son travail pourtant un être lui manque plus que tout. Cet être qu'elle ne pourra revoir, mais elle fait avec et elle continue à sourire, elle espère que la douleur pourra s'atténuer. Elle ne s'était pas trompée en disant à Zeïder qu'un coeur brisé est plus douloureux que n'importe quelle autre blessure, mais elle apprend à panser les plaies grâce au sourire de sa fille. Celle pour qui elle s'agrippe encore au mince fil qui pourrait la faire passer d'un jour où l'autre de vie à trépas.

« - Maman, tu viens zouer avec moi ?
- J'arrive mon coeur. »

    Oui, elle ferait absolument tout pour sa fille, comme continuer à vivre alors qu'une partie d'elle-même est morte ce jour-là. 
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Blabla n°16  (Blabla de moua ^.^) posté le dimanche 23 septembre 2007 21:06


 
 
 
 
 
*esquive bombes, tomates, et autres objets dangereux*
 
Euh... Ca va vous ?
 
Voilà, il ne me restera plus que l'épilogue à écrire et la page « Omicron Corporation » sera définitivement tournée alors qu'une prochaine se profilera à moi. Ca fait bizarre de se dire que c'est bientôt la fin surtout que cette màj, lorsque j'ai commence l'histoire, aurait dû être la dernière... On change souvent d'avis, non ?
J'espère que la màj vous aura plu malgré la trame dramatique qu'elle prend à la fin.
 
Bisouilles tout le monde et à bientôt pour l'épilogue
 
 
Musique : Muse - Apocalypse Please 
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10.1  (L'histoire) posté le lundi 24 septembre 2007 16:03

 
 
 
 
 
     Une année et demi plus tard...
 
 
 
    Un an et demi s'est passé depuis la fin de l'Omicron Corporation. J'ai toujours du mal à réaliser tout ce qui a pu se passer ces quelques semaines, mais aujourd'hui je l'admets plus facilement qu'au sortir de cette épreuve. Il s'est passé beaucoup de choses en dix-huit mois, surtout de bonnes choses.

« - Mon coeur, que fais-tu ?
- Je mets un point final à cette histoire, il ne me reste plus qu'un chapitre à écrire et j'expédie le tout chez l'éditeur.
- Je suis content que tout ça soit enfin fini. » Me répond-il en souriant.

    J'ai en effet de publier toute cette aventure dans un livre. Une sorte d'exutoire qui m'a aussi servi de thérapie.

« - Mamaaaaan, y a le bébé qui pleure. »

    Décidément, on n'est jamais tranquille dans cette maison, quand ce n'est pas le mari qui vient vous déranger, c'est la fille pour vous parler du fils. Et oui, il y a quelques semaines qu'un nouvel être est venu dans notre famille. Une grossesse accidentelle, mais tellement bienvenue. Après tout, si ce n'avait pas été à ce moment-là, ça aurait été un peu plus tard, mais le résultat est le même. Même si les nuits sont courtes, le petit Everett me comble de bonheur et ça, c'est encore le principal.

« - J'arrive ma puce.
- Tu crois qu'il a faim ? me demande-t-elle, crédule.
- C'est plus que possible, sinon il y aurait déjà quelqu'un à ses côtés, mais là, il ne peut pas faire grand-chose. »

    Elle me répond par un grand sourire. Elle est intelligente ma fille, elle a compris que comme j'allaitais le bébé, il n'y avait que moi qui pouvait le nourrir. Enfin, la plupart du temps, la nuit, je laisse son père s'en occuper (comment ça j'en profite ? Oui, quand même, mais on n'a pas inventé le tire lait pour rien). J'arrive dans la chambre de bébé et il arrête aussitôt de pleurer. Il a compris que son fournisseur de lait vient d'arriver et maintenant il me regarde avec ses grands yeux bleus clairs. J'espère qu'ils garderont cette couleur, mais bon, je ne suis pas encore devin et s'il a mes yeux verts, il sera très beau quand même mon fils.

« - Alors, comme ça c'est l'heure du goûter ? » Dis-je en le prenant dans mes bras.

    En effet, il ne lui faut pas longtemps pour se mettre à téter goulûment. Un vrai glouton ce gamin, dans mes souvenirs, Emeline n'était pas aussi vorace que lui, ça doit être une caractéristique masculine que de manger pour quatre sans prendre un gramme de graisse... Je hais cette caractéristique... Enfin non, je veux plutôt la même. Tiens, en parlant de masculin, voilà mon homme qui arrive pour se féliciter d'avoir un petit garçon en si bonne santé. Je dis ça, mais son engouement aurait été le même si on avait eu une petite fille.

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10.2  (L'histoire) posté le lundi 24 septembre 2007 16:07

 
 
 
 
 
    Une fois le petit monstre rassasié et changé, je le prends avec moi et l'installe dans son cosy autant pour le surveiller que pour l'avoir à mes côtés. Soudain, le bruit de la sonnette retentit.

« - Maman, c'est Papa. »

    Ah, il est déjà dix-sept heures ? Je n'ai plus aucune notion du temps depuis que Everett est né, je dors en même temps que lui et quand je suis assez reposé, j'écris. Je me suis calquée sur son rythme de sommeil pour arriver à tenir le coup sans caféine et sans soute à bagage sous les yeux. Je reprends le petit bout avec moi et vais ouvrir la porte.

« - Bonjour Jake.
- Salut Elé, dis donc, il grandit vite ton petit.
- Avec ce qu'il dévore, dis-je en plaisantant, ce n'est pas vraiment étonnant. »

    Jake et moi nous sommes séparés quelques semaines après nous être retrouvés, nous nous sommes rendus compte que nous n'étions plus fait l'un pour l'autre. Le divorce, lui, a été prononcé il y a cinq mois et quatre semaines plus tard, je me remariais. Je portais une robe blanche, mais avec mon gros bidon, ma bigote de tante en était offusquée (et je dois avouer que moi j'ai beaucoup rigolé).
  Bien que nous soyons ex-époux, nous nous entendons très bien, notre amitié n'est plus à prouver et Emeline accepte très bien que je cite : « Papa et Maman ne s'aime plus comme avant ». De plus, comme elle adore son beau-père, il n'y a pas trop de problèmes d'adaptation. Elle en profite aussi pour avoir deux fois plus de petits cadeaux profitant de ses yeux de chien battu pour les amadouer  tous les deux.


« - Salut Jake, ça va ?
- Très bien et toi ?
- Quelques heures de sommeil en moi au compteur, mais sinon je suis le plus heureux des hommes. »

    L'entente entre les deux est cordiale, je pense qu'un jour elle pourra même devenir amicale, c'est juste qu'ils n'ont pas encore vraiment pris le temps de se connaître l'un, l'autre.

« - Je suis désolé Elé, mais Sophie nous attend dans la voiture et on doit arriver chez mes parents pour le dîner.
- Aucun problème, puis j'ajoute me tournant vers Emeline, viens faire un gros câlin à Maman et surtout pas de bêtises, tu es gentille avec Papa.
- Vi Maman. Je t'aime.
- Je t'aime aussi ma puce, dis bonjour à tes grands-parents de ma part. »

    Je sors sous le porche et les regarde monter dans la voiture où se trouve déjà Sophie, la nouvelle compagne de Jake. Elle me fait un signe de la main auquel je réponds. La voiture démarre, je souffle un dernier bisou à ma fille avant de rentrer au chaud à la maison où mon homme fait des grimaces à son fils. Il est vraiment tordant quand il s'y met celui-là, un vrai papa gâteau.
 
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